Automne Messiaen






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Le  1er septembre 2008

Une immense fête….


L'Automne Messiaen est la célébration à Montréal du centenaire de la naissance d'Olivier Messiaen, né à Avignon le 10 décembre 1908.
Son œuvre faisant partie de ma vie de musicienne depuis plus de trente ans, je ne pouvais passer sous silence cet anniversaire.
Olivier Messiaen L'idée d'organiser un événement Messiaen à Montréal a pris forme, idée que j'ai d'abord partagée avec Maestro Kent Nagano, chef d'orchestre et directeur musical de l'Orchestre symphonique de Montréal, Gilles Tremblay, compositeur, ancien élève et fils spirituel d'Olivier Messiaen, puis avec l'ensemble du monde musical montréalais.
La musique de Messiaen évoque en moi puissance et tendresse, rigueur et vertige, rythmes insistants et envoûtants, couleurs éblouissantes, poésie et spiritualité, langage du cœur et de l'âme, splendeur et émerveillement.
C'est la célébration de la nature par les chants d'oiseaux, «nos plus grands musiciens», affirmait cet homme qui a parcouru la planète pour noter fidèlement leurs chants. L'évocation majestueuse des paysages aux mille couleurs, dont les descriptions données par Messiaen sont à la fois d'une grande précision et d'une grande sensibilité. Sans oublier la recherche de rythmes inusités, complexes, et exotiques.
Olivier Messiaen fut aussi un pédagogue généreux, transmettant sa passion et ses recherches aux jeunes compositeurs du monde entier, dont plusieurs québécois. Gilles Tremblay, Bruce Mather, Serge Garant,  et le britannique George Benjamin, pour n'en citer que quelques-uns, ont reçu l'enseignement du maître dans une atmosphère de plénitude et de joie.
Et c'est ce que l'
Automne Messiaen souhaite refléter : une célébration de la joie et de la vie à travers la pensée et l'œuvre de ce compositeur français qui a ébloui et enrichi le monde musical du XXe siècle.

Louise Bessette


Louise Bessette


Ce serait l’année des oiseaux.
Le premier oiseau jaillira un jour de l'océan.
Il secouera l'eau de ses plumes et le sel de ses yeux. Il fera le tour de l'horizon dans un sillage de perles de brume, puis se dirigera vers le soleil.
Il découvrira la joie du regard.
Le deuxième oiseau sortira d'un volcan furieux.
Il crachera feu et fumée et des gouttes de lave brûlante et rouge sombre éclateront à l'extrémité de ses ailes.
Il planera un instant autour du panache de fumée noire du volcan, et puis il partira dans la nuit naissante.
Il découvrira ainsi le calme et l'incertitude ensemble.
Le troisième oiseau émergera de la terre.
Lentement, il déploiera ses ailes pleines de boue et d'herbes sèches, aveuglé par la lumière mais il se guidera au chant des insectes.
Il volera près du sol familier, se heurtera aux buissons, et puis, peu à peu, s'élèvera et tournera. Quand il s'écartera du soleil, il découvrira le monde dans sa soudaineté.
Le quatrième oiseau surgira de l'espace profond.
Un son grave et long, comme le rire d'un géant, l'accompagnera dans son vol. Il portera en lui le froid qui sépare les étoiles et l'air, sur son passage, laissera une traînée de givre.
C'est un oiseau de cristal et de poussière.
Sur la mer flottera un vaisseau dont les cordages sont faits de fils d'araignées.
Je te souhaite ainsi une année d’oiseaux et de regard.
Je veux dire une année où, tels les oiseaux de haut vol, nous ne détournerons pas le regard, où nous ne baisserons pas les yeux.
Je te souhaite enfin une année pour construire ensemble, selon l’injonction de Camus il y a cinquante ans, un indispensable «art de vivre en temps de catastrophe».


Michel Thion

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